Cas concrets

Les sinistres d’une surélévation , et qui les paie

Les désordres d’une surélévation se ressemblent d’un chantier à l’autre : ils naissent presque toujours à la rencontre entre la maison ancienne et l’étage neuf. Savoir lesquels relèvent de la dommage ouvrage, et lesquels restent à votre charge, permet de bien préparer le contrat avant les travaux.

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Façade d’une maison surélevée traversée par une fissure horizontale à la jonction entre l’ancien mur et le nouvel étage
tassement sous la charge
Fondations
infiltrations
Raccords
fléchissement
Plancher

Les sinistres de structure

Ce sont les plus graves et les plus coûteux. Ils apparaissent souvent dans les deux ou trois premières années, le temps que la maison s’adapte à sa nouvelle charge.

La fissure à la jonction

Maison des années 1930 sur fondations en moellons, aucun sondage avant travaux. Sous le poids de l’étage en parpaings, un angle tasse de quelques millimètres. Une fissure horizontale s’ouvre à la hauteur de l’ancien toit, puis des fissures en escalier gagnent le pignon. Reprise en micropieux et traitement des fissures : plus de 50 000 €.

Le mur ancien qui se bombe

Un mur de façade en pierre, déjà fragilisé par d’anciennes ouvertures, reçoit les appuis du nouveau plancher sans renfort. Il se déverse progressivement vers la rue. Les murs de l’étage neuf suivent le mouvement. Il faut étayer, puis reprendre le mur ancien.

Qui paie ?

La dommage ouvrage, sous conditions

Elle préfinance la réparation de l’ouvrage neuf atteint. Les murs et fondations anciens ne sont couverts que s’ils sont totalement incorporés dans l’ouvrage neuf et en deviennent techniquement indivisibles (art. L243-1-1 II C. assur.), ou si une garantie des existants a été souscrite.

Les infiltrations

OrigineSigneRelève de la dommage ouvrage ?
Solin contre un mur mitoyen plus hautTraces d’humidité derrière le doublageOui, si la pièce devient inhabitable
Jonction entre l’enduit ancien et le bardage neufEau dans l’isolant, bardage tachéOui, si l’étanchéité du mur est atteinte
Toiture neuve mal recouvertePlafonds tachés à chaque pluieOui
Fenêtre de toit mal raccordéeGoutte à goutte localiséOui, si l’usage de la pièce est compromis
Défaut d’entretien d’une gouttièreDébordement ponctuelNon

Une infiltration ne relève pas toujours de la garantie décennale : il faut qu’elle rende l’ouvrage impropre à sa destination, par exemple une chambre que l’on ne peut plus occuper. Une simple tache sans conséquence sur l’usage reste du domaine de l’entretien ou de la garantie de parfait achèvement, la première année.

Raccord entre une toiture neuve et le mur voisin, une bande de solin décollée et une goutte d’eau qui s’infiltre

Préparez le contrat avant le sinistre

Place de l’existant, garanties de chantier, franchise : on vérifie ces points avant de présenter votre dossier.

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Le plancher et l’étage neuf

Fléchissement
Solives sous-dimensionnées ou portée trop grande : le plancher s’affaisse au centre.
Cloisons fendues
Signe d’un plancher qui bouge sous les cloisons de l’étage.
Portes qui frottent
Déformation de l’ossature ou du plancher.
Plafond fissuré au-dessous
Le plancher neuf repose sur l’ancien plafond, ou s’appuie mal sur les murs.
Ossature bois humide
Lisse basse sans coupure de capillarité : pourrissement à terme.
Vibrations
Gênantes mais pas toujours de nature décennale.
Qui paie ?

La dommage ouvrage

Quand la solidité de l’étage est compromise ou qu’il devient inhabitable, l’assureur préfinance la réparation puis se retourne contre le charpentier, le constructeur bois ou l’ingénieur responsable.

Les sinistres pendant le chantier

Avant la réception, la dommage ouvrage n’intervient en principe pas. Or c’est pendant le chantier qu’une surélévation est la plus exposée : la toiture est déposée, les pièces du dessous restent parfois habitées, et l’étage se monte au-dessus des voisins. Un orage sur une maison découverte, une bâche arrachée, une poutre qui heurte la toiture voisine : ces dommages relèvent de la tous risques chantier et de la RC maître d’ouvrage.

Il existe une exception prévue par l’article L242-1 du Code des assurances : si, avant la réception, le contrat avec l’entreprise est résilié pour inexécution après une mise en demeure restée sans effet, la dommage ouvrage peut financer la reprise des désordres.

Comment déclarer un sinistre

  1. 1
    Déclarez par écrit

    Lettre recommandée ou envoi électronique recommandé à l’assureur dommage ouvrage, avec photos, date d’apparition et numéro de contrat.

  2. 2
    L’expert passe

    L’assureur mandate un expert qui constate les désordres et rend un rapport.

  3. 3
    Décision sous 60 jours

    L’assureur doit dire s’il prend le sinistre en charge dans les 60 jours suivant la déclaration complète.

  4. 4
    Indemnité sous 90 jours

    En cas d’acceptation, il propose une indemnité dans un délai maximal de 90 jours, puis paie dans les 15 jours après votre accord.

Photographiez l’existant avant les travaux

Des photos datées des fissures déjà présentes sur la maison, avant la surélévation, évitent un long débat avec l’expert sur l’origine d’un désordre.

Questions fréquentes

Questions fréquentes sur les sinistres

Une fissure fine sur l’ancien mur est-elle couverte ?
Une microfissure sans conséquence sur la solidité ni sur l’étanchéité n’est pas de nature décennale. Et sur l’existant, la garantie suppose en plus que le mur fasse corps avec l’ouvrage neuf ou qu’une garantie des existants ait été prise.
Combien de temps ai-je pour déclarer ?
La garantie dure dix ans à compter de la réception. Une fois le désordre connu, déclarez-le sans attendre : les actions dérivant du contrat d’assurance se prescrivent en principe par deux ans.
Et si l’assureur ne répond pas dans les 60 jours ?
L’article L242-1 du Code des assurances prévoit que vous pouvez alors engager les dépenses nécessaires à la réparation, après l’avoir notifié à l’assureur, et que l’indemnité est majorée d’intérêts.
Les dégâts chez le voisin sont-ils couverts par la dommage ouvrage ?
Non. Pendant le chantier, c’est la RC maître d’ouvrage ; ensuite, la responsabilité des entreprises et de leurs assureurs.
Que faire si l’entreprise a disparu ?
C’est précisément l’intérêt de la dommage ouvrage : vous êtes indemnisé sans attendre, et c’est l’assureur qui se retourne contre l’assureur décennal de l’entreprise.
Pour aller plus loin

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Un étage neuf, dix ans de garantie

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